L’examen médical militaire belge est l’étape qui décide si votre candidature continue ou s’arrête. Beaucoup de candidats la découvrent le matin même, sans savoir ce qui va être mesuré ni comment la décision est prise. Résultat : des refus évitables, parfois pour un détail réglé en quelques jours chez un praticien.
Ce guide décrit le déroulement de la sélection médicale de base à l’Hôpital Militaire Reine Astrid, les examens réalisés, le profil médical PSIVCAME et les points à vérifier avant de vous présenter. Objectif : arriver préparé, avec les bons documents, et sans mauvaise surprise.
À quoi sert l’examen médical militaire belge

Le métier de militaire est exigeant, physiquement comme mentalement. Les missions à l’étranger, priorité de la Défense, imposent des formations, des exercices et des manœuvres que tout le monde ne peut pas suivre en sécurité. La procédure d’engagement évalue donc les qualités intellectuelles, morales et physiques du candidat.
La Sélection Médicale de Base vérifie précisément une chose : que vous ne présentez pas un problème médical ou une infirmité susceptible de vous mettre en danger dans l’exercice de vos fonctions militaires. Comme l’explique l’Hôpital Militaire Reine Astrid, il s’agit de vous protéger, mais aussi de protéger vos camarades et la mission, puisqu’un individu affaibli fragilise l’ensemble du groupe.
Cette logique explique pourquoi l’évaluation ne se limite pas à un simple contrôle de bonne santé. Elle mesure une aptitude à tenir une fonction dans la durée, en formation comme en opération.
Qui organise la sélection et qui est concerné
La sélection se déroule au Centre Médical d’Expertise (CME) de l’Hôpital Militaire Reine Astrid (HMRA). Le CME examine deux catégories de personnes : les candidats militaires et les militaires d’active.
Les candidats militaires, inscrits auprès d’un Centre d’Information, se présentent d’abord au Service Accueil et Orientation (SAO). Ils rejoignent ensuite le CME durant la matinée pour la sélection médicale proprement dite. L’HMRA indique que l’ensemble des tests se déroule normalement en une demi-journée.
Les militaires d’active, eux, font l’objet de contrôles réguliers de leur aptitude médicale selon leur fonction. Les pilotes, le personnel de bord et les contrôleurs aériens, par exemple, relèvent du centre de médecine aérospatiale. Les réservistes suivent la même logique d’aptitude que les candidats à l’engagement actif.
Certaines fonctions imposent des examens complémentaires au CME : pilote, paracommando, chauffeur de véhicules lourds et plongeur. Si vous visez l’une d’elles, prévoyez une journée plus longue et des tests supplémentaires.
Le document à ne pas oublier : l’attestation d’aptitude médicale
C’est l’erreur la plus simple à éviter. Avant le premier jour de la procédure de sélection, vous devez consulter votre médecin généraliste et faire compléter une attestation d’aptitude médicale. Ce document doit être présenté dès votre arrivée.
Prenez rendez-vous suffisamment tôt. Une consultation chez le médecin généraliste ne s’obtient pas toujours dans la semaine, et une attestation d’aptitude médicale incomplète peut compliquer la suite du parcours. C’est aussi l’occasion de faire le point sur vos traitements en cours et vos antécédents médicaux, avant que la question ne vous soit posée au CME.
Le cadre juridique de cette évaluation est fixé par l’Arrêté royal du 11 mars 2003 et l’Instruction permanente IF 51. Ce sont ces textes, appliqués par l’HMRA, qui déterminent la manière dont les critères sont interprétés et dont le profil médical est établi.
Le parcours des examens, jusqu’à la décision

Le circuit se fait par postes successifs. Selon le descriptif publié par l’HMRA, il comprend notamment un prélèvement urinaire, des radiographies, un examen ORL, un examen ophtalmologique, la biométrie et un électrocardiogramme.
Vous arrivez ensuite au poste numéro 6, celui de la décision. En sous-vêtements et sans chaussettes, vous rencontrez le médecin qui statuera sur votre aptitude ou votre inaptitude médicale et établira votre profil médical PSIVCAME.
Le déroulement de cet entretien est prévisible. Le médecin vous interroge sur vos éventuels problèmes de santé présents ou passés, consulte les résultats des tests que vous venez de subir, réalise un examen clinique comprenant notamment une inspection générale, une auscultation et un examen des pieds, puis fait la synthèse de l’ensemble avant de trancher.
Répondez de façon complète et précise. Le médecin croise vos déclarations avec les résultats objectifs des examens, et une omission découverte plus tard peut coûter bien plus cher qu’une déclaration honnête le jour même.
Comprendre le profil médical PSIVCAME
Le PSIVCAME est la synthèse de l’évaluation, du point de vue de l’aptitude médicale au service militaire, des caractéristiques physiques et fonctionnelles d’un individu. Il comporte huit facteurs, représentés par les lettres P, S, I, V, C, A, M et E, chacune suivie d’un chiffre allant de 1 à 5. Un profil se lit par exemple ainsi : P2 S2 I2 V1 C1 A1 M1 E1.
| Lettre | Ce qu’elle évalue |
|---|---|
| P | Appréciation générale |
| S | Membres supérieurs et ceinture scapulaire |
| I | Membres inférieurs et ceinture pelvienne |
| V | Acuité visuelle |
| C | Vision des couleurs |
| A | Acuité auditive |
| M | Capacités mentales et intellectuelles |
| E | Stabilité émotionnelle et psychologique |
Le facteur P est celui qui conditionne le plus directement l’accès aux fonctions. P1 ou P2 signifie apte. P3 reste compatible avec l’aptitude, sauf pour les fonctions exigeantes sur le plan physique comme paracommando ou infanterie. P4 ou P5 correspond à une inaptitude à toute fonction.
La marine dispose de son propre profil, le GYKO : G pour l’aptitude à naviguer, Y pour l’acuité visuelle, K pour la vision des couleurs et O pour l’acuité auditive.
Ce qui est mesuré et ce qu’il faut déclarer
Les critères appliqués aux candidats militaires portent sur plusieurs blocs bien identifiés : l’acuité visuelle et l’audition, les mesures biométriques dont l’Indice de Masse Corporelle (IMC), les antécédents médicaux personnels et familiaux, les médicaments prescrits et les interventions chirurgicales ou médicales subies.
Vue, vision des couleurs et audition
La vue et l’audition occupent une place centrale, puisqu’elles pèsent sur trois des huit lettres du profil médical : V pour l’acuité visuelle, C pour la vision des couleurs, A pour l’acuité auditive. L’examen ophtalmologique et l’examen ORL du parcours alimentent directement ces trois facteurs.
Ces exigences ne sont pas uniformes selon la fonction. Une question écrite adressée au Sénat de Belgique rappelle que les critères de recrutement des pilotes de la composante air datent de 1969 et n’ont été que légèrement revus en 2005, avec une tolérance zéro sur les anomalies de la vision, plus stricte que chez nos voisins. Pour une fonction non aéronautique, le raisonnement est différent.
Biométrie, antécédents, traitements et opérations
La biométrie sert notamment à calculer l’IMC, l’un des paramètres pris en compte le jour de la sélection. Il vaut mieux connaître le sien à l’avance que de le découvrir au poste de mesure.
Sur le plan des antécédents médicaux, préparez une liste claire : pathologies passées, traitements en cours, interventions chirurgicales, hospitalisations, suivis spécialisés. Votre médecin généraliste peut vous aider à rassembler ces éléments et à les formuler correctement dans l’attestation d’aptitude médicale.
Inaptitude, statut de consultant et suites de la visite
Toutes les décisions ne se résument pas à un oui ou un non. Un problème mineur qui peut être résolu dans un délai raisonnable, fixé à un mois maximum, n’entraîne pas nécessairement une inaptitude immédiate. Un bouchon de cérumen ou une carie dentaire, par exemple, peuvent conduire à un classement en « consultant », avec une nouvelle convocation une fois le problème réglé.
Le médecin peut aussi estimer qu’il lui manque des informations ou qu’un avis spécialisé est nécessaire. Dans ce cas, vous serez invité à revenir pour des examens complémentaires : exploration cardiologique, échographie ou consultation psychiatrique selon la situation. Ce n’est pas un refus, mais un dossier mis en attente.
C’est précisément pour cette raison qu’un dépistage précoce a du sens. Un contrôle de la vue, un examen ORL, un passage chez le dentiste et une mise à jour du dossier médical quelques semaines avant la sélection suppriment une bonne partie des motifs d’inaptitude évitables.
Une aptitude adaptée à la fonction : ce qui change au 1er septembre 2026
Les critères médicaux de recrutement évoluent. Le ministre de la Défense Theo Francken a annoncé, dans les pages de Het Laatste Nieuws le 31 juillet, un assouplissement applicable à partir du 1er septembre 2026, dont Opex360 a rendu compte le même jour.
« Tous les militaires ne doivent pas nécessairement répondre aux mêmes critères extrêmement stricts. Si, par exemple, votre vue n’est pas tout à fait parfaite, cela ne pose pas forcément de problème, à moins que vous souhaitiez devenir pilote de F-35. »
La mesure est présentée comme susceptible de permettre à 10 à 20 % des candidats actuellement recalés pour raisons médicales d’entamer malgré tout une formation militaire. Le ministre a également déclaré vouloir mettre « à bas les refus absurdes fondés sur des critères médicaux dépassés », tout en précisant que les candidats militaires en bonne forme restent la cible du recrutement.
Cette évolution s’inscrit dans une trajectoire plus longue. La question écrite au Sénat de Belgique indique qu’une interprétation moins stricte des critères, appliquée depuis 2011, a fait passer l’attrition de la sélection médicale de 36 % en 2010 à environ 15 % depuis 2017. Elle s’inscrit aussi dans l’objectif affiché par la Défense de doubler ses effectifs d’ici 2035, pour atteindre 34 500 militaires, 12 800 réservistes et 8 500 civils.
Le principe reste toutefois le même : adapter l’exigence à la fonction, pas la supprimer. Comme l’a résumé le député Axel Weydts (Vooruit), « il ne s’agit donc pas d’abaisser la barre. Il s’agit de placer la bonne barre au bon endroit : stricte là où il le faut, raisonnable là où c’est possible ».
Votre prochaine étape
Trois actions concrètes avant votre convocation au CME : prenez rendez-vous chez votre médecin généraliste pour faire compléter l’attestation d’aptitude médicale, rassemblez vos antécédents médicaux, traitements et interventions chirurgicales sur une seule feuille, et faites vérifier les points sensibles que sont la vue, l’audition et l’état dentaire.
Pour tout ce qui dépasse le volet médical, conditions d’accès générales, étapes de candidature et suite de la procédure, référez-vous aux ressources de recrutement de la Défense et au parcours de sélection complet.
Foire aux questions
Quels tests médicaux faut-il passer pour entrer dans l’armée belge ?
La sélection médicale de base à l’HMRA comprend un prélèvement urinaire, des radiographies, un examen ORL, un examen ophtalmologique, la biométrie et un électrocardiogramme. Le parcours s’achève au poste 6, où le médecin examine les résultats, procède à un examen clinique et établit le profil PSIVCAME.
Comment se passe la visite médicale à l’armée belge ?
Les candidats militaires se présentent au Service Accueil et Orientation, puis au Centre Médical d’Expertise durant la matinée. L’ensemble des tests dure normalement une demi-journée. Après les examens, le médecin pose des questions sur les problèmes de santé présents ou passés et réalise un examen clinique avant de statuer sur l’aptitude.
Quelle est la procédure pour la visite médicale militaire ?
Avant le premier jour, il faut consulter son médecin généraliste et faire compléter l’attestation d’aptitude médicale, qui doit être présentée dès l’arrivée. La sélection est encadrée par l’Arrêté royal du 11 mars 2003 et l’Instruction permanente IF 51.
Qu’est-ce qu’une visite médicale d’aptitude militaire ?
C’est une évaluation destinée à déterminer si une personne peut exercer une fonction militaire en sécurité, pour elle-même, ses camarades et la mission. Le résultat est synthétisé dans un profil PSIVCAME, qui couvre des caractéristiques physiques, fonctionnelles, sensorielles et psychologiques.
Qu’est-ce qui peut rendre inapte à l’armée belge ?
Les éléments examinés comprennent la vue, l’audition, l’IMC, les antécédents médicaux, les médicaments et les interventions passées. Une inaptitude médicale est prononcée lorsqu’un problème de santé ou une infirmité risque de mettre en danger le candidat, ses camarades ou la mission. L’appréciation dépend aussi de la fonction visée.
Un problème mineur entraîne-t-il automatiquement une inaptitude ?
Non. Un problème résoluble dans un délai d’un mois maximum, comme un bouchon de cérumen ou une carie dentaire, peut donner lieu à un classement « consultant » et à une nouvelle convocation une fois la situation réglée.
Que se passe-t-il si le médecin militaire demande un examen complémentaire ?
Il peut réclamer des informations supplémentaires ou l’avis d’un spécialiste. Vous serez alors invité à revenir, par exemple pour une exploration cardiologique, une échographie ou une consultation psychiatrique selon le cas.
Les critères médicaux sont-ils les mêmes pour toutes les fonctions militaires ?
Non, les exigences peuvent être adaptées à la fonction exercée. Une vue imparfaite n’est pas nécessairement éliminatoire pour toutes les fonctions, alors que des postes très spécifiques comme pilote de F-35 restent soumis à des exigences particulières. Pilote, paracommando, chauffeur de véhicules lourds et plongeur passent en outre des examens complémentaires.
Les critères médicaux de l’armée belge vont-ils changer en 2026 ?
Un assouplissement des critères de recrutement est annoncé à compter du 1er septembre 2026. L’objectif affiché est de supprimer les refus fondés sur des critères dépassés, tout en conservant une aptitude compatible avec la fonction militaire.
Quelles sont les conditions d’admission et d’engagement dans l’armée belge ?
Ce guide porte uniquement sur l’examen médical : attestation du généraliste, examens réalisés, profil PSIVCAME et causes d’inaptitude. Pour les conditions d’accès générales et la procédure complète, consultez les ressources « conditions d’accès » et le hub sélection de la Défense.

Sources
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